La vie, c'est transformer le négatif en positif - Lazylegz
Nous nous sommes entretenus avec ce jeune homme de 23 ans, étudiant en marketing à l'Université Concordia, au cours de son voyage vers London en Ontario, l'une des villes sur la route de sa tournée de conférences sur la motivation, qu'il agrémente de quelques pas de breakdance !
Luca « Lazylegz » (« jambes paresseuses ») Patuelli est né à Montréal et a grandi à Bethesda dans l'État du Maryland. Quand il n'était qu'un bébé, on a découvert qu'il était atteint d'une arthrogrypose, un trouble musculaire très rare qui empêche le mouvement des articulations et altère la structure des os. Dans son cas, la maladie a affaibli ses deux jambes.
Luca a été soigné par le Dr François Fassier à l'hôpital Shriners pour enfants® de Montréal jusqu'à l'âge de quatre ans, puis de nouveau à l'approche de ses vingt ans, quand il est revenu au Canada pour étudier. Au total, il a subi 16 interventions chirurgicales des jambes et de la colonne.
Voici un extrait de notre échange avec ce jeune homme exceptionnel :
Q : Comment en es-tu venu à pratiquer le breakdance ?
R : Avant le breakdance, je faisais de la planche à roulettes sur mes genoux et j'espérais aller loin dans ce sport. Mais j'ai dû me faire opérer au fémur pour l'ajuster et après je ne me suis plus senti à l'aise sur ma planche. Je savais que j'avais de la force dans les bras et j'adorais me produire en spectacle et voyager. Alors le breakdance est devenu une passion qui m'a ouvert beaucoup de portes.
Q : Qu'y a-t-il y a de spécial dans le breakdance ?
R : Il permet de s'exprimer et de montrer ce dont on est capable. En l'espace de quelques minutes, les gens vous regardent et découvrent qui vous êtes vraiment, sans qu'un seul mot ne soit prononcé.
Q : Que t'a apporté le breakdance ?
R : Je fais partie d'un groupe à Montréal, nous nous produisons et nous participons à des compétitions dans le monde entier. En 2006, nous avons gagné le championnat du Canada et nous avons terminé à la quatrième place au championnat du monde à Los Angeles. À Montréal, l'ambiance est amicale, aux États-Unis, elle est plus compétitive. Cependant, où que tu sois dans le monde, si tu rencontres un autre danseur de breakdance, il t'accueillera chez lui à bras ouverts.
Q : Qu'est-ce qui t'a donné l'idée de donner des conférences sur la motivation ?
R : Quand tu passes du temps à l'hôpital, surtout après une opération, tu apprécies la compagnie, que ce soit celle de clowns, d'animateurs, de joueurs vedettes ou d'un bénévole qui te consacre un peu de temps. C'est ce qui soulage la douleur et ce qui m'a donné l'envie de me lancer. J'ai donné mon premier spectacle à l'hôpital Shriners pour enfants® il y a quelques années. J'étais timide et je n'ai fait pratiquement que danser. Ma première vraie conférence sur la motivation a eu lieu au Centre McKay à Montréal.
Q : As-tu déjà été particulièrement ému par une personne rencontrée au cours d'une conférence ?
R : J'ai plusieurs histoires, mais la première qui me vient à l'esprit est celle d'un petit garçon au Centre McKay. Il a un frère jumeau et ils sont tous les deux atteints de paralysie cérébrale. Il est plus touché que son frère et il a un usage limité de ses bras et de ses jambes, il se déplace en fauteuil roulant. La première fois que je me suis produit là-bas, j'ai vu une lueur dans ses yeux. Au bout de quelques minutes, il a essayé de danser avec moi. Depuis, nous nous voyons souvent. J'essaie de l'emmener voir des spectacles et je lui apprends à danser. On voit qu'il veut vraiment faire ça et qu'il va y arriver. Il y met toute son énergie !
Q : Quel est le message que tu essaies de transmettre quand tu donnes une conférence ?
R : Mon père disait toujours : « Le premier échec est de ne pas essayer ». Alors je dis tout le temps aux enfants que leur maladie n'est pas une bonne raison pour ne pas essayer. Nous devons être créatifs et nous adapter, après, tout est possible. Je rencontre des personnes qui abandonnent trop rapidement. Quand tu veux vraiment quelque chose, tu ne peux laisser rien ni personne se mettre en travers de ton chemin. Tu dois vouloir faire des sacrifices. Je pense que la vie, c'est profiter de chaque instant.
Q : À ton avis, qu'est-ce qui rend les Hôpitaux Shriners pour enfants® uniques?
R : D'abord, c'est un réseau qui offre des soins incroyables et sans frais pour les familles. Je pense que c'est très important. Affronter une maladie peut être terrifiant, sans parler des dépenses qu'elle entraîne. Ensuite, ce sont les Shriners eux-mêmes. Il y a quelques mois, j'ai rencontré un pilote de l'aviation commerciale en Virginie. Il m'a confié que pendant ses temps libres, il emmène les enfants qui ont besoin de soins dans les Hôpitaux Shriners pour enfants® à bord de son propre avion... N'est-ce pas extraordinaire ?